Le taux de persistance au chômage est le pourcentage de demandeurs d'emploi encore présents dans les listes, mesuré chaque mois à partir de leur inscription.
Le niveau du chômage est la résultante de deux facteurs : le nombre des nouvelles inscriptions à Pôle emploi et le rythme auquel les demandeurs d'emploi cessent d'être inscrits.
En suivant mois après mois le pourcentage de demandeurs d'emploi encore au chômage par rapport à l'ensemble des inscrits à une date donnée, cette étude inaugure une nouvelle approche de l'évaluation de la performance de reclassement.
LE TAUX DE PERSISTANCE AU CHôMAGE EST STABLE SUR UNE LONGUE PéRIODE
L'observation des taux de persistance au chômage à 6, 12 et 24 mois des demandeurs d'emplois inscrits entre janvier 2005 et décembre 2010 met en évidence que la conjoncture n'est pas le facteur le plus déterminant de sortie du chômage.
L'étude du taux de persistance au chômage selon le mois d'entrée depuis 2005 permet une compréhension dynamique de l'évolution du chômage en comparant, sur une longue période, la rapidité de reclassement des demandeurs d'emploi. Cette comparaison révèle une relative stabilité du taux de persistance au chômage sur la période observée. Dans la pratique, cela signifie que les demandeurs d'emploi ne restent pas beaucoup plus longtemps au chômage en temps de crise lorsque le volume des pertes d'emploi et des inscriptions au chômage augmente rapidement, qu'en période économique plus favorable.
l'âGE AU MOMENT DE l'INSCRIPTION :
UN FACTEUR DéTERMINANT
Le taux de persistance au chômage des demandeurs d'emploi s'accroît en fonction de leur âge. Les 50 ans ou plus sont les plus exposés au chômage de longue durée. Les moins de 30 ans sortent plus rapidement du chômage que la moyenne des demandeurs d'emploi.
L'étude met en évidence un lien fort entre l'âge du demandeur d'emploi au moment de son inscription et sa durée d'inscription au chômage. En moyenne, près d'un demandeur d'emploi sur quatre est encore au chômage deux ans après son entrée. Mais cette proportion passe à un sur deux pour les seniors (50 ans et plus), alors qu'elle n'est que d'un sur cinq pour les moins de 30 ans.
LE NIVEAU DE FORMATION EST UN ATOUT POUR LES MOINS DE 30 ANS
Les demandeurs d'emploi titulaires d'un diplôme bac + 3 ou plus éprouvent moins de difficultés que la moyenne à se reclasser.
Le niveau d'études est intuitivement perçu comme un atout susceptible de réduire la durée d'inscription au chômage. En fait, l'influence du niveau de formation sur le rythme de sortie du chômage est importante chez les moins de 30 ans, mais quasi inexistante au-delà, notamment dans les six premiers mois suivant l'entrée au chômage. Néanmoins, un niveau de diplôme ou de qualification élevé réduit le risque d'entrée au chômage.
Le motif de fin de contrat influe sur la rapidité de sortie du chômage
50 % des demandeurs d'emploi inscrits après une fin de CDD sont encore inscrits un an après leur entrée, contre près de 59 % en moyenne, tous motifs de fin de contrat confondus.
Le taux de persistance au chômage des demandeurs d'emploi inscrits à la suite d'un licenciement économique connaît une évolution particulière entre six et douze mois, imputable au dispositif de Convention de reclassement personnalisé (CRP). Proche du taux de persistance moyen des entrants à la suite d'une rupture conventionnelle durant les premiers mois, ce taux se rapproche ensuite de la moyenne, tous motifs de fin de contrat confondus. En effet, le dispositif de conversion freine le reclassement dans les premiers mois qui suivent l'inscription et l'accélère à son issue.
La persistance au chômage varie peu selon le secteur d'activité
Le secteur de l'hébergement et de la restauration se distingue nettement des autres avec des taux de persistance systématiquement plus faibles.
Dans l’ensemble, le secteur d’activité n’est pas un critère particulièrement décisif de persistance au chômage. Les demandeurs d’emploi dont l’activité du dernier employeur était l’hébergement ou la restauration enregistrent les taux de persistance les plus faibles (48 % à 12 mois). À l’opposé, ceux qui travaillaient au sein des industries manufacturières (64 % à 12 mois) ou dans le secteur de la santé humaine et de l’action sociale (62,7 %) ont des taux de persistance sensiblement plus élevés.
Les régions où les demandeurs d'emploi inscrits depuis six mois éprouvent le plus de difficultés à se reclasser ne sont pas forcément celles où le taux de persistance au chômage à un an ou deux ans est le plus élevé.
Les différences de courbes de persistance au chômage d'une région à une autre peuvent être liées à différents facteurs structurels, tels que la structure par âge des demandeurs d'emploi ou la prédominance de certains secteurs d'activité.
Méthodologie
L'indicateur de taux de persistance au chômage mesure l'écoulement des cohortes d'entrants au chômage à une date donnée. Le taux de persistance à « X » mois indique le pourcentage de demandeurs d'emploi encore présents sur la liste de Pôle emploi « X » mois après leur inscription.
La source d'information utilisée pour les calculs est le FNA (fichier des chômeurs indemnisés et non indemnisés depuis 1993) dans son exhaustivité.
La sélection porte sur les demandeurs d'emploi inscrits à partir du 1er janvier 2005 qui répondent à l'un des deux critères suivants :
• Ils n'étaient pas connus auparavant ;
• La prise en charge précédente par Pôle emploi s'est achevée plus de quatre mois auparavant.
Les demandeurs d'emploi indemnisés relevant des annexes 8 ou 10 de la réglementation de l'Assurance chômage ont été exclus des analyses (demandeurs ayant été indemnisés au moins un jour au titre de ces annexes depuis janvier 2005).
La situation des demandeurs d'emploi au regard de l'inscription est examinée chaque mois M + X suivant les mois d'inscription, afin de déterminer si :
• Le demandeur d'emploi est sorti au cours du mois M + X, quel que soit le motif de sortie, et ne s'est pas réinscrit au cours des quatre mois suivants;
• Le demandeur d'emploi est toujours inscrit à la fin du mois M +X et, au cours de ce mois, il a pu pratiquer une activité réduite plus ou moins intense.
Lorsque la demande d'emploi est annulée pour un motif de dispense de recherche d'emploi, le demandeur d'emploi est considéré comme persistant tant que la prise en charge relative à sa dispense de recherche d'emploi n'est pas terminée. Lors d'un passage en catégorie D ou E, le demandeur d'emploi n'est pas considéré comme sorti des listes, quelle que soit la durée de sa demande d'emploi dans ces catégories. Les demandeurs d'emploi sortis des listes pendant une durée supérieure à quatre mois consécutifs et réinscrits après cette interruption participent à une nouvelle cohorte correspondant au mois de leur nouvelle inscription.
Source de l'étude
Taux de persistance selon le mois d'entrée :
Source FNA - Champ : inscrits comme demandeurs d'emploi, indemnisés ou non, de janvier 2005 à septembre 2010, hors annexes 8 et 10, France entière.
Taux de persistance moyen par âge, niveau de formation et par région :
Source FNA - Champ : inscrits comme demandeurs d'emploi, indemnisés ou non, d'avril 2008 à mars 2009, hors annexes 8 et 10, France entière.
Taux de persistance moyen par motif de fin de contrat, secteur d'activité du dernier emploi occupé :
Source FNA. Champ : inscrits comme demandeurs d'emploi, à la suite d'une fin de contrat de travail, indemnisés ou non, d'avril 2008 à mars 2009, hors annexes 8 et 10, France entière.